Archives mensuelles: mars 2016

L’atelier théâtre du lycée français de Barcelone est un habitué de notre théâtre des Romarins;

Cette année nous les accueillons

le 20 mars à 17 heures

LYCEE FRANCAIS

L’Atelier Théâtre du Lycée Français de Barcelone, est composé d’une vingtaine d’élèves allant de la 2nde à la Terminale et dirigé par Christian Renault, professeur de théâtre, metteur en scène et acteur.
Cette année l’Atelier présente DEUX pièces de théâtre suivies. L’une est une adaptation d’un après-midi de chien, film avec Al Pacino, l’autre est une adaptation de Elephant Man, film de David Lynch.

Un après-midi de chien raconte l’histoire d’un braquage de banque mené par des malfrats pas si professionnels que ça… Censé durer quelques minutes, le braquage s’éternise… En plein pendant les années 70 cette pièce est haute en couleurs!
Elephant man, pièce plus sombre, raconte la triste histoire de John Merrick, un homme complètement déformé et traité comme un monstre de foire, jusqu’au jour où le Docteur Treeves le repère… Une pièce « en noir et blanc » pleine de sentiments…

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Je vous aime pour la vie

je vous aimeLa fleur au fusil. A Berlin ! Dans les gares les femmes acclament les soldats qui partent. Dans quinze jours on revient.  Je vous aime pour la vie est une création collective mise en scène par Guy Jacquet au Théâtre de la Rencontre. En exergue à...
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d3f3eba3Le Trou aux cochons, du théâtre sur notre histoire

Au Théâtre de la Rencontre, La bataille de Peyrestortes vue depuis le mas de la Llavanere, une pièce écrite par Pierre Bouchet.

Samedi 13 et dimanche 14 février, les comédiens du Théâtre de la Rencontre nous ont fait revivre une histoire locale trop oubliée. Guy Jacquet, avec ses amis comédiens s’est emparé, non sans arrière-pensées relatives à notre société actuelle livrée au chaos, d’une partie d’une longue pièce écrite par Pierre Bouchet, inspiré par les archives locales sur la Révolution française. « Le trou aux cochons »narre un épisode de la bataille de Peyrestortes quand les troupes françaises jusqu’ici lourdement défaites réussirent à repousser l’offensive espagnole conduite par le général Ricardos. Pauline, fermière roussillonnaise avait alors découvert un jeune soldat blessé dans le trou où se nourrissaient ses cochons. D’où le titre du spectacle.

Guy Jacquet a conçu l’adaptation scénique en trois moments, à la manière des tréteaux moyenâgeux. Au prologue, en avant du plateau nous faisons connaissance avec un fondeur de fer de Lamanère (Guy Jacquet) qui raconte comment, déjà, on associait les ressources trouvées de chaque côté de la frontière (minerai de fer chez nous, charbon de bois côté espagnol) pour produire du fer. Et comment il suffisait de la décision d’un puissant (le monarque en l’occurrence) pour interrompre ce processus. Balloté pour gagner sa vie de chaque côté de la frontière l’ouvrier du fer s’aperçoit qu’ici et là-bas on parle le même langage. Il n’y a somme toute que 130 ans que la frontière s’est déplacée. Revenu en France et rallié à la république le manant en question s’apprête à planter comme on le  fait dans toute la France un arbre de la Liberté. Liberté, un mot qu’il répète avec gourmandise. Et de renvoyer vigoureusement à son passé révolu de « propriétaire » le riche drapier (Gérard Blot) qui prétend que l’arbre est à lui.

Dans la suite, au cœur du plateau, Pauline (Aline Seyres) s’entretient avec son mari Jaume (Christian Albert), qui pendant la bataille s’était caché dans le four à pain. Elle raconte la découverte du soldat tombé dans le trou aux cochons.

Un peu à l’écart le conventionnel Cassanyes ( Jacques Pumaréda), assis à sa table, son bonnet de nuit sur la tête, écrit  pour faire parvenir à la Convention le récit de la bataille de Peyrestortes. Récit qu’il déclamera un peu plus tard avec l’emphase et l’enthousiasme de celui dont la détermination a permis d’éviter la prise de Perpignan. Nous avons dit que Pierre Bouchet, l’auteur de la pièce, avait eu recours aux Archives, et donc aux textes authentiques rédigés par Joseph Cassanyes. Cela fût-il affirmé avec quelque forfanterie, il est avéré que c’est bien grâce à la prise en mains des opérations par le conventionnel que la bataille a été gagnée. Un civil en remontrant aux généraux, c’est bien la preuve que le monde avait changé ! Et nous savons bien que  cela s’est aussi produit en d’autres temps.

Entre temps le soldat blessé est apparu, point trop content, accablé de douleurs dont il sent trop qu’il souffrira la vie entière. Mieux valait cela sans doute que d’être mangé par les cochons, c’est du moins l’avis de Pauline. En écho, l’alliance des puissances étrangères hostiles à la révolution est évoquée ainsi que             la situation intérieure : le fils de Pauline et Jaume se bat au loin contre les Vendéens, et on n’a plus de ses nouvelles. Et l’on sait enfin ce que signifie ce mémorial érigé au bout des pistes de l’aéroport actuel : c’était la bataille de Peyrestortes, une bataille pour bouter l’envahisseur hors du Roussillon, le 17 septembre 1793. Une bataille dont, il faut bien le dire, les récits trouvés sur Internet ne nous disent vraiment pas grand chose.

 

Faut-il ajouter que le spectacle est bien monté, grâce à la mise en place dûment concoctée de Guy Jacquet, qui connaît ses sujets, et dont le jeu, qu’il endosse le ton matois du gueux qui sait observer ou celui du malheureux accablé par le sort, conserve toute sa vigueur.

Aline Sereys et Christian Albert savent rendre tout le naturel qui convient au couple de paysans et Jacques Pumaréda trouve avec jubilation les accents enflammés qui conviennent au tribun victorieux, et fier de l’être.

Leur réussite est aussi de rendre toute la richesse du texte de Pierre Bouchet dont une relecture serait utile pour en sentir toutes les finesses et qui révèle sa connaissance intime des ressorts  du jeu théâtral.

La qualité du texte n’est-elle pas le premier atout d’un spectacle ? Les musiques de Yan Debord et la mise en lumières (Jérôme Auffret-Encuentra’s light) parachèvent l’ensemble.

Preuve nouvelle s’il en était besoin qu’à la Rencontre ils savent fichtrement bien raconter les histoires.

Yvette Lucas

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